Gens engagés

Docteur Éric Gagnon

Urgentologue

Dr Eric Gagnon - De Garde 24/7 - Fondation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont - Mardi je donne

Photo : Avanti Groupe - De garde 24/7, photographe : Karine Dufour

Dans le cadre de Mardi je donne, l'urgentologue, Dr Éric Gagnon, répond à nos questions.

Dr Gagnon, la Fondation HMR dédie les fonds amassés à l’occasion de Mardi je donne 2022 au Centre de simulation de l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR). Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit?

Les simulations et les ateliers qui se déroulent à l’HMR nous permettent de reproduire des situations médicales d’urgence réelles. L’idéal serait d’organiser des simulations dans un vrai milieu, mais c’est impossible à l’urgence. On a de l’imagination : on pourrait recréer une simulation n’importe où. Heureusement, nous avons un espace dédié. Mais il n’est pas optimal. Il manque de tout… et le matériel des simulations et d’ateliers coûte cher!

Ces formations servent à travailler la cohésion de tous les professionnels de l’urgence : préposés, infirmières, inhalothérapeutes, médecins... Ça nous permet de revoir et de définir nos façons de faire, comme l’endroit où il faut se placer dans telle ou telle situation, ou comment communiquer efficacement par exemple. En bref, ça nous permet d’appliquer nos connaissances et nos compétences, dans un environnement contrôlé, puis de prendre ensuite du recul sur la façon dont on a réagi.

En savoir plus sur le Centre de simulation

Pouvez-vous nous donner un exemple de simulation ou d’atelier réalisé?

Une simulation, ça peut être un patient qui se présente pour étouffement, un pneumothorax, du liquide autour du cœur ou encore, un enfant qui a avalé les médicaments de son parent. On a alors un court moment pour réagir et pour s’organiser équipe.

Comment convertit-on rapidement une dose de médicament à administrer à un enfant, à qui lance-t-on la demande pour le massage cardiaque ou comment fait-on une crico (cricothyroïdotomie), alors que l’on aura à poser ce geste 2 ou 3 fois tout au plus dans notre carrière.

On peut travailler sur des scénarios où il y a un afflux massif de patient en peu de temps, ou dans un contexte où il manque un joueur ou un appareil défaillant.

À quelle fréquence ces formations ont-elles lieu et qui y participent?

Dans un monde idéal, on en tiendrait tous les mois. On y participe en dehors de nos gardes, de façon bénévole, parce que l’on veut se perfectionner. On essaie d’avoir une variété de professions qui participent aux simulations et aux ateliers. Quand ce n’est pas possible, comme la dernière fois où il y avait deux pharmaciennes et deux médecins, et bien, un docteur peut avoir à prendre le rôle d’un infirmier et un autre, celui d’un inhalothérapeute et les pharmaciennes jouent les médecins.

L’un des aspects les plus intéressants, c’est de revoir toute la mécanique de l’équipe en place. Après une simulation, on se questionne sur ce qui a bien ou moins bien fonctionné, si la communication a été bonne, pourquoi ça a été le chaos ou si le leader a bien joué son rôle, on prend le temps de revoir la littérature médicale.

L’autre chose qui sauve vraiment des vies, ce sont les gestes. Et il y a des gestes que l’on aura à faire 1 ou 2 fois dans notre carrière à l’urgence. Des actions rarissimes, mais qu’il faut avoir répétés en atelier pratique au moins deux fois dans l’année, pour LA fois où la condition d’un patient l’exigera.

De quel matériel avez-vous besoin pour la formation des équipes et comment la Fondation HMR peut aider?

L’équipement de simulation et le matériel des ateliers coûtent très cher! Je pense à du matériel de soins, aux mannequins, aux chariots, aux moniteurs, aux médicaments… Bref, tout d’une vraie salle d’urgence! Et il faut tenir ces formations de façon régulière, afin que nos équipes soient à jour. En nous permettant de travailler avec l’équipement le plus réaliste qui soit, afin que nous puissions offrir les meilleurs soins possibles, la Fondation HMR et ses donateurs interviennent de manière décisive et je les en remercie sincèrement.

 

Permettez aux professionnels de l'urgence d'être prêts à toutes éventualités. Donnez généreusement dans le cadre de la campagne Mardi je donne.