Portrait : Sylvie Lesage, chercheure en immunogénétique cellulaire

Photo de Sylvie Lesage, responsable de l'unité de recherche Immunogénétique cellulaire au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Sylvie Lesage dans son laboratoire

Responsable de l’unité de recherche Immunogénétique cellulaire au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, la docteure Sylvie Lesage nous dévoile la nature de ses travaux, et l’espoir que ces derniers portent pour les patients.

Sur quoi portent vos recherches, vos travaux?

Sylvie Lesage : Nous étudions les cellules du système immunitaire, appelées communément « globules blancs », qui nous aident à combattre les infections et à prévenir le cancer.

Cependant, dans certains cas, les globules blancs s’attaquent à nos propres organes causant alors des maladies auto-immunes : diabète de type 1, arthrite rhumatoïde, sclérose en plaques, etc.

Notre habileté individuelle à combattre les infections, le cancer ou à développer des maladies auto-immunes est, en partie, définie par notre code génétique. Ce sont nos gènes qui dictent notre capacité à produire le bon nombre et le type de globules blancs.

Le programme de recherche de mon laboratoire comporte trois volets :

  1. Comprendre comment les gènes influencent la composition de notre système immunitaire.
    Qui a plus de cellules contre le cancer? Qui a moins de cellules pour vaincre les infections? Quels gènes sont responsables de ces variations?
  2. Définir le rôle de chaque type de cellules dans le système immunitaire.
    Le système immunitaire est composé de plusieurs types de cellules, chacune avec des fonctions uniques. La fonction de certaines cellules n’est pas bien définie. En définissant leurs fonctions, on pourra ensuite les utiliser en thérapie.
  3. Établir des protocoles de thérapies cellulaires.
    En combinant les informations acquises sur les gènes et les fonctions cellulaires, nous souhaitons développer de nouvelles approches thérapeutiques, pour prévenir ou traiter des maladies comme le cancer et les maladies auto-immunes.

Quelles différences entre maladies auto-immunes et cancers?

S. L. : Les deux types de maladies impliquent le système immunitaire.

Maladies auto-immunes

  • Le système immunitaire attaque du tissu sain : cœur, yeux, foie, pancréas, système nerveux, peau, intestins.
  • L’attaque des tissus sains cause les maladies chroniques, débilitantes, qui peuvent mener à la mort. Environ deux millions de canadiens ont une maladie auto-immune. Au laboratoire, nous étudions principalement le diabète de type 1 (attaque du pancréas) et la colite (attaque des intestins). Nous cherchons à empêcher les cellules du système immunitaire d’attaquer les tissus sains, tout en laissant les activités cellulaires contre les infections intactes.

Cancer

Tout comme les maladies auto-immunes, il en existe plusieurs types : tout dépend du tissu affecté. Le rôle du système immunitaire est de reconnaître les cellules cancéreuses et de les éliminer avant qu’elles ne forment une tumeur. Le cancer est moins prévalant que l’auto-immunité, mais il est responsable de près du tiers des décès au Canada chaque année.

Au contraire du traitement pour les maladies auto-immunes, notre objectif est d’augmenter la capacité du système immunitaire à éliminer les tumeurs, sans pour autant causer de maladies auto-immunes.

Dans les deux cas, il faut retrouver l’équilibre parfait du système immunitaire pour retrouver la santé.

Quelle est la place de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont dans ce domaine?

S. L. : Le Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est l’endroit idéal pour effectuer ce programme de recherche.

Nous sommes entourés de chercheurs, de cliniciens, et même de chercheurs-cliniciens, qui collaborent tous vers un même but : améliorer la santé de la population.

Pour le projet sur les maladies auto-immunes, je collabore avec une formidable équipe en endocrinologie. Ils identifient des patients intéressés par nos projets. Ces patients nous offrent généreusement des échantillons de sang pour que l’on puisse étudier leur système immunitaire.

Pour le cancer, je travaille en étroite collaboration avec une grande équipe d’hématologues. D’ailleurs, nous avons des subventions communes et nous avons publié les avancées de nos travaux avec plusieurs d’entre eux. Nous visons à amener ce projet en phase clinique, pour traiter les patients. Je collabore aussi avec des chirurgiens-oncologues, des anesthésiologistes, et plein d’autres.

En plus des interactions avec les cliniciens et chercheurs-cliniciens, je côtoie quotidiennement des chercheurs d’excellence. Ces collaborations et les échanges stimulants favorisent les avancées scientifiques.

Pour les patients, quel est le plus grand espoir porté par vos recherches?

S. L. : En milieu hospitalier, nous gardons toujours les patients en tête. Depuis l’ouverture de mon laboratoire en 2005, mon objectif est de trouver un traitement pour le diabète de type 1.

Ce projet est en phase préclinique, une étape très excitante, qui précède les essais avec les patients! En plus du diabète de type 1, ce traitement pourrait aussi servir à soigner une maladie de type auto-immune qui survient après un traitement agressif contre les cancers du sang.

Sylvie Lesage

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