Pandémie – Infirmières aux soins intensifs : l’enjeu de la formation

Photo de Mylène Ostiguy, conseillère en soins infirmiers, Soins intensifs et Unité coronarienne au CIUSSS de l'Est-de-l'île de Montréal

Mylène Ostiguy, conseillère en soins infirmiers, Soins intensifs et Unité coronarienne, CIUSSS de l’Est-de-l’île de Montréal

Pendant la pandémie, le département des soins intensifs a mis en place une solution originale pour former rapidement ses infirmières. Découvrez laquelle.

Être infirmière aux soins intensifs en période de pandémie

En temps normal, pour être opérationnelle aux soins intensifs, une infirmière suit, à son arrivée dans le service, une formation de 40 jours, un délai beaucoup trop long pour réagir adéquatement à l’arrivée de la pandémie.

Le département a donc mis en place une solution originale qui a réduit ce temps à … quatre jours. Mylène Ostiguy, conseillère en soins infirmiers, Soins intensifs et Unité coronarienne au CIUSSS de l’Est-de-l’île de Montréal, nous explique comment ils ont dû et su s’adapter.

Combien y a-t-il d’infirmières aux soins intensifs?

Mylène Ostiguy : Nous sommes environ 70 infirmières formées en soins intensifs à Maisonneuve-Rosemont. Nous avons normalement besoin de 13 infirmières par quart de travail pour assurer une prise en charge sécuritaire des 24 patients qui peuvent s’y trouver.

Avec la pandémie, 16 lits ont dû être ajoutés. Nous avons alors formé 75 infirmières supplémentaires en 2 semaines. Certaines comptaient plusieurs années d’expérience au bloc opératoire, à la clinique externe d’ophtalmologie ou à l’unité de chirurgie d’un jour. Cependant, les plus nombreuses n’avaient jamais mis les pieds aux soins intensifs ni vus de patients intubés ou aussi sévèrement atteints.

Qu’est-ce qui nécessite cette longue formation?

M. O. : Les soins intensifs sont considérés comme une spécialité, mais je préfère dire qu’une infirmière qui travaille aux soins intensifs est une généraliste spécialisée en soins intensifs.

Nous soignons des patients de presque toutes les spécialités de l’hôpital : chirurgie, médecine, psychiatrie, périnatalité, etc. À toutes ces spécialités, nous devons ajouter des notions propres aux soins intensifs : les chocs, l’intubation, la gestion des voies intraveineuses, la réanimation et la réhabilitation1.

Une infirmière qui a travaillé en périnatalité n’a pas le même bagage qu’une infirmière qui a travaillé sur une unité de chirurgie. La formation est longue, car complète et qu’elle doit permettre à toutes les infirmières, quelques soit leur milieu d’origine, qui le souhaitent de nous rejoindre.

Comment se déroule la formation en temps normal?

M. O. : La formation normale dure huit semaines. Elle se décompose en deux phases :

  • Phase 1 : 19 jours de théorie, simulations, laboratoires pratiques;
  • Phase 2 : 21 jours de stage auprès des patients.

Lors de leur stage, les apprenantes sont jumelées à une infirmière d’expérience. Ensemble, elles s’occupent de patients selon les ratios standards2 de soins intensifs. Elles doivent ensuite :

  • Passer des examens théoriques;
  • Montrer des aptitudes spécifiques lors des stages pour réussir leur orientation aux soins intensifs.

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1 Les soins intensifs accueillent des patients très malades. Avant de les envoyer à l’étage, le service doit s’assurer que leurs besoins de base sont comblés (s’asseoir au fauteuil et le tolérer, être capable de gérer leurs sécrétions, etc.). Il arrive que des patients chroniques stables restent plusieurs jours, voire des semaines, pour travailler leur réhabilitation.

2 Le ratio dit « standard » est :

  • 2 patients pour 1 infirmière s’ils sont « stables ».
  • 1 patient pour 1 infirmière s’ils sont instables.

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